
Coleen
Je pestais depuis déjà vingt minutes au milieu d'un arrondissement de quartiers chics de New York, devant l'appartement que Jayden m'avait cédé en guise logement, bien entendu, avec une certaine idée déjà bien mure derrière sa cervelle d'abruti psycho perturbé. Je donnais un sympathique coup de talon dans ma valise Louis Vuitton qui dégageait une odeur nauséabonde que j'aurais eus préféré plus discrète. Merci People d'être aussi naïve pour ne pas croire une jeune femme capable de transporter des ossements et autres chairs en décomposition dans des valises aussi cheres. Sans doute, serais-je un cas particulièrement énigmatique pour n'importe quel psychologue, j'avais besoin de mes premières victimes pour me sentir chez moi. Parallelement, je n'avais pas vraiment envie que ce soit ce type qui vienne m'ouvrir la porte de ce nouveau chez moi.

Je le haïssais plus que tout au monde, il était une faille bien trop importante, je ne pouvais me résoudre à le virer de la bande, craignant qu'il ne fasse encore une connerie de plus, et je devais bien avouer qu'il m'était presque aussi indispensable que mon frère et j'étais idiote de me laisser bercer d'illusions avec lui. Nous avions une promesse silencieuse de n'assevir que nos désirs charnels, rien d'autres. Mes joues se colorerent sans que je ne puisse rien y changer aux souvenirs de toutes ces nuits passées à ses côtés, aussi violentes soit-elle, oui, violentes, c'était le mot, nous étions contrains à presque nous battre en accomplissant cet acte, bannissant les mots douceur et amour. On vit comme des cons, on mange, on bosse, on baise et on dort, et toujours la même rangaine.

Je ruminais encore et toujours, attendant cet imbécile qui devait en ce moment même remonter sa braguette après un coup de plus, juste histoire de me faire chier. Je fulminais, j'étais jalouse alors que je ne le devais pas. Il ne t'aime pas Coleen, et tu ne l'aimes pas. Je pourrais le tuer par strangulation à n'importe quel moment de ma vie, oui, j'en suis certaine. Je le haie. Je le haie. Je le haie. Je ressentais une désagréable vibration sur ma cuisse, cet saleté de telephone m'interpellait à repondre à ce con.
- Si dans deux minutes ton cul n'est pas dans cet appart de merde, je te les fait cuire dans de l'eau bouillante, c'est clair ?
- T'en as trop besoin chérie, j'arrive.
- Pauvre con ! Lui crachais-je.
- Hey, calme poupée, je te manque à ce point ? T'inquiète, je dors aussi chez moi ce soir. On va pouvoir se prendre du bon temps... Sa voix se fit sensuelle. Quotidiennement.

- Comment ça ? Hurlais-je.
- Hey, tu crois quoi chérie ? Que je vais dormir sous les ponts pendant que ton frère et toi prenaient du bon temps ?
- Il en est hors de question ! Je ne resterais pas sous le même toi que toi éternellement, crois moi ! J'étais furieuse, il savait pertinement que c'était pour moi plus qu'emmerdant.
- P'tain tu me fais chier, Coleen, j'raccroche sinon je vais m'énervais.
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